éco-conception

L’éco-conception, c’est quoi ?

Définition
L’éco-conception est la « conception d’un produit, d’un bien ou d’un service, qui prend en compte, afin de les réduire, ses effets négatifs sur l’environnement tout au long de son cycle de vie, en s’efforçant de préserver ses qualités ou ses performances »[1].
Cette intégration repose sur une approche globale et multi-critères de l’environnement. Elle est fondée sur la prise en compte de toutes les étapes du cycle de vie des produits (fabrication – distribution – utilisation – valorisation finale).
Elle permet ainsi d’éviter, ou au moins d’arbitrer explicitement, les déplacements de pollutions inhérents à telle ou telle alternative de conception.
L’éco-conception constitue donc un axe majeur de prévention ou de réduction à la source des impacts environnementaux (réduction des consommations de matières premières et d’énergie, réduction des déchets, des rejets…).

Schema éco-conception ORÉE

Outils & Ressources

Pour en savoir plus

Outils qualitatifs
Outils type guidelines – listes de recommandations/lignes directrices ou checklist éco-conception (outil plus poussé), tel que la roue de l’éco-conception pour orienter la conception (outil de Van Hemel en 1998 dans sa thèse “EcoDesign empirically explored – Design for Environment in Dutch small and medium sized enterprises – Delft University of Technology”).

  • Économie circulaire – Vocabulaire, principes et recommandations pour la mise en œuvre – NF ISO 59004
  • Économie circulaire – Fiche de données de circularité des produits – NF ISO 59040
  • Économie circulaire – Mesure et évaluation de la performance de circularité – NF ISO 59020
  • Déclaration de matières – Partie 1 : exigences générales – NF EN IEC 82474-1
  • Roue de Brezet ou roue de la stratégie d’éco-conception (eco-design strategy wheel, ou encore LiDS, Life cycle Design Strategy wheel)

Outils quantitatifs

Elle permet de réaliser une évaluation environnementale, basée sur les normes ISO 14040 et 14044.

Pour aller plus loin

Renforcer la mission de prévention des déchets via l’éco-conception des éco-organismes gérant les filières de responsabilité élargie du producteur (REP)
Afin de faciliter le recyclage et la valorisation des produits en fin de vie dépendant d’une REP, les éco-organismes doivent impérativement inciter les metteurs sur le marché et les distributeurs à éco-concevoir leurs produits. Pour cela, plusieurs leviers sont intéressants :

  • Porter de manière proactive l’harmonisation de l’éco-modulation au niveau européen, en commençant par les filières définies à l’échelle européenne, puis dans les filières nationales ;
  • Suite au lancement de la FREC, un décret renforcera les sanctions financières en cas de non atteinte des objectifs réglementaires de manière à ce qu’elles soient efficaces et incitatives ;
  • Étendre les obligations des éco-organismes au financement des démarches d’éco-conception, ajuster davantage les éco-modulations de la filière REP des emballages ménagers en fonction de la recyclabilité des matériaux et notamment des plastiques (les plastiques biosourcés ont, pour le moment, un malus car, n’étant pas majoritaires sur le marché et ne bénéficiant donc pas d’une filière spécifique, ils sont pour le moment considérés comme des perturbateurs des filières existantes) et systématiser une procédure de mise en place et de suivi des éco-modulations sur toutes les filières REP, dans le cadre de la commission unique ;

Mobiliser les acteurs sur l’éco-conception
L’éco-conception ne deviendra une démarche transversale et intégrée que si les consommateurs sont soucieux de leurs choix de consommation et si les metteurs sur le marché de toutes tailles sont accompagnés et incités à la mettre en place :

  • Éclairer les choix d’achat des consommateurs par l’affichage environnemental (le MTES travaille à la mise en place du déploiement de l’affichage environnemental en application de la mesure 7 de la FREC) et les labels et ainsi, par le jeu de l’offre et de la demande, inciter les fabricants à éco-concevoir au mieux leurs produits et services ;
  • Étendre le programme « TPE et PME gagnantes à tous les coûts » de l’ADEME à l’éco-conception des produits des entreprises ainsi qu’aux piliers non couverts de l’économie circulaire ;
  • Publier des guides sectoriels sur l’éco-conception pour accompagner les TPE et PME dans ces démarches ;
  • Pour les produits ne rentrant pas dans le périmètre d’une filière REP, instaurer un système de malus si la recyclabilité du produit n’a pas été prévue en amont ou faire participer en amont de la collecte des déchets tous les metteurs sur le marché au coût de valorisation de leur produit en fin de vie, afin de les inciter à l’éco-conception (champ d’innovation) et à les responsabiliser sur le devenir de leur produit tout au long de leur cycle de vie.

Capitaliser sur les retours d’expérience et aller plus loin sur l’éco-conception
De nombreux outils, ressources et retours d’expérience permettent de mieux comprendre comment mettre en place une démarche d’éco-conception et d’aller plus loin. Il est toutefois nécessaire de les diffuser pour que les acteurs en aient connaissance :

  • S’appuyer sur les retours des recycleurs sur la facilité de tri, de démantèlement et de recyclage des produits est indispensable pour améliorer l’éco-conception des produits et faciliter la réincorporation des matières dans de nouveaux produits. Un lien important est à faire avec la fiche « réincorporation des matières premières ». En effet, l’éco-conception est primordiale pour permettre de boucler la boucle. Il est aussi nécessaire de vérifier l’adéquation entre les caractéristiques techniques des matières recyclées et les usages nécessaires dans les nouveaux produits ;
  • Compléter les outils existants généralistes sur le thème de l’éco-conception par des préconisations/retours d’expériences sectoriels. Par exemple, l’éco-organisme Eco-TLC souhaite développer une plateforme sur l’éco-conception sur les produits de sa filière ;
  • Pour aller plus loin, l’entreprise peut intégrer la dimension sociale à l’éco-conception (santé du consommateur et des employés, etc.) ou la dimension territoriale (emplois locaux, etc.) ; Il est également intéressant d’ouvrir la démarche d’éco-conception à des acteurs extérieurs à l’entreprise pour dégager encore plus d’intelligence collective.

Les actions d’ORÉE

2025 : Refashion | Mission PPEC (Plan de Prévention et d’Éco-Conception) : enquête & refonte de l’outil
Réalisation d’une enquête auprès des adhérents sur le PPEC 2023 dont l’analyse et la synthèse des retours ont ensuite permis la production de recommendations et l’amélioration du dispositif et de l’outil.

2020-2024 : Refashion | Animation des “Rendez-vous de l’éco-conception”
Animation de la communauté via les “Rendez-vous de l’éco-conception” (2020-2024) : webinaires de sensibilisation, ateliers d’accompagnement, rencontres et recensement des attentes des pour alimenter le programme à destination des adhérents Refashion.

2019 : Refashion | Élaboration et animation d’une plateforme d’éco-conception des TLC : la plateforme Eco design

  • Accompagnement de ReFashion (éco-organisme des Textiles d’habillement, du Linge de maison et des Chaussures des particuliers (TLC)) dans la création d’un outil destiné aux équipes produits des marques : plateforme digitale Eco design (ressources, retours d’expérience, fiches connaissances et actions).
  • Mobilisation des metteurs en marché via questionnaire et entretiens,
  • Formalisation des besoins en contenus pratiques intégrés sur la plateforme, alimenté par l’animation d’ateliers et validés par un comité d’experts.
  • Contribution au lancement public de la plateforme (22/09/2020)

2012 : Mission DGCIS « Compétitivité durable des entreprises » – Phase II
Dans le cadre de la feuille de route AMBITION ECOTECH présentée au Comité Stratégique de filière Eco-Industries (COSEI) et pour faire suite à la première mission, la Direction Générale de la Compétitivité, de l’Industrie et des Services du Ministère des Finances a confié à ORÉE pour l’année 2012 une deuxième mission « Compétitivité durable des entreprises ». Cette nouvelle mission s’est concentrée sur deux objectifs principaux :

  • Permettre la mise en œuvre opérationnelle de l’éco-conception et de l’écologie industrielle et territoriale au sein de la stratégie des entreprises et des territoires
  • Favoriser l’émergence de projets éco-innovants et collaboratifs de qualité dans le domaine de l’éco-conception et de l’écologie industrielle et territoriale

Elle a ainsi abouti au guide éco-socio-conception réalisé par ORÉE en partenariat avec le Centre des Jeunes Dirigeants (CJD) et avec le support technique d’EVEA et Gingko 21. Il s’adresse à toute entreprise qui souhaite initier une démarche d’éco-conception en « mode – projet » et se structure en 4 étapes :

  • Comment exploiter ce guide ?
  • Quelle est et sera ma démarche d’éco-socio-conception ?
  • Quelques outils sont à ma disposition ?
  • Annexes (retour d’expérience, affichage environnemental, etc.)

2010/2011 : Mission DGCIS « Compétitivité durable des entreprises » – Phase I
L’éco-conception est un enjeu national porté par la Direction Générale de la Compétitivité de l’Industrie et des Services (DGCIS), l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME), les Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) et qui fait partie des investissements d’avenir pour le développement des entreprises françaises. Dans cette optique, le Ministère de l’économie, de l’industrie et de l’emploi, représenté par la Direction Générale de la Compétitivité de l’Industrie et des Services (DGCIS), a confié à ORÉE une mission en décembre 2009. Cette mission a comporté deux actions dont une visant à promouvoir l’éco-conception des produits et services, afin d’en faire un facteur de compétitivité pour les entreprises. Pendant 2 ans, ORÉE a œuvré à fédérer les réseaux d’acteurs existants (institutionnels, chambres consulaires, entreprises, associations, bureaux d’études, pôles de compétitivité…) via la constitution et l’animation de cinq pôles de compétences « Interrégionales » regroupant les experts clefs de cette nouvelle approche produit du management environnemental. Au total, plus de 200 acteurs ont été mobilisés afin de créer une intelligence collective « interrégionale » sur l’éco-conception.

  • Pôle Nord : Nord Pas de Calais, Picardie, Haute-Normandie, Ile de France – 55 acteurs mobilisés
  • Pôle Nord-Est : Champagne Ardenne, Lorraine, Alsace, Franche Comté, Bourgogne – 35 acteurs mobilisés
  • Pôle Sud-Est : Auvergne, Rhône Alpes, PACA, Corse – 30 acteurs mobilisés
  • Pôle Sud-Ouest : Aquitaine, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées et Limousin – 45 acteurs mobilisés
  • Pôle Nord-Ouest : Basse-Normandie, Centre, Pays de la Loire, Poitou Charente, Bretagne – 40 acteurs mobilisés

La mission a abouti à la mise en place de deux nouveaux réseaux : les réseaux Eco-conception Nord-Est et Nord-Ouest, ainsi qu’à l’initiation d’un projet de création de cluster en région Provence-Alpes-Cote d’Azur. Ces travaux ont également donné lieu à la réalisation de cartographies d’acteurs et de compétences et à un diagnostic territorial sur la thématique pour le Pôle Sud-Ouest. Les conditions préalables à la création des nouveaux réseaux éco-conception Nord-Est et Nord-Ouest ont été la réalisation d’une cartographie des acteurs et de leurs compétences (actions, méthodes, outils…) comme outil de travail collaboratif de référence, et la mise en place d’une gouvernance pour assurer la prise en compte des intérêts des différentes parties prenantes. Pour chacun des réseaux, un Comité de pilotage est en charge de définir une feuille de route stratégique à 1 ou 2 ans (objectif, rôles des membres, plan d’action, contenu et rythme des réunions…). Les acteurs des différents pôles ont souhaité faire remonter les actions et les besoins clefs, soulevés pendant les réunions de travail, sous la forme d’un cahier de préconisations :

  • Structurer les retours d’expériences (REX) :
    • Capitaliser les retours d’expérience dans une bibliothèque virtuelle
    • Créer des clefs d’entrée pour l’accès à ces informations (sectorielles, entreprises, acteurs relais/institutionnels…)
    • Capitaliser sur les actions collectives existantes (ingénierie de l’action, freins, facteurs clefs de succès)
  • Animer & former les entreprises et les acteurs relais :
    • Organiser une semaine de l’éco-conception
    • Créer des événements de sensibilisation avec une approche métier (designer, commercial, marketing…)
    • Intégrer l’éco-conception au cœur des formations universitaires commerciales et financières
    • Former les acteurs de l’innovation
  • Apporter des outils aux animateurs (acteurs relais) :
    • Créer un guichet/un portail WEB unique, cartographie des acteurs et des compétences, un cahier des charges pour développer un diagnostic stratégique, mutualiser les newsletters et les outils existants, accès aux différentes sources de financement sur l’innovation responsable et l’éco-conception…
  • Apporter des informations aux entreprises :
    • Etude sur les retours économiques, témoignages vidéo…

L’animation de ces pôles de compétences en éco-conception aura permis :

  • Une meilleure compréhension du rôle et des actions de chacun
  • La création de synergies entre acteurs de l’innovation et de l’éco-conception
  • La création de conditions favorables aux échanges et partage d’informations
  • Une reconnaissance de besoins partagés par tous
  • Des retours d’expériences du terrain vers les instances nationales (Cahiers de préconisations)
  • La signature d’un partenariat entre ORÉE et les Centre des Jeunes Dirigeants (CJD) dans le cadre de sa démarche « Performance globale » afin de concevoir le premier outil méthodologique en France d’intégration de l’éco-socio-conception dans les entreprises (septembre 2012).

Groupe de Travail et plateforme éco-conception
De 2006 à 2009, le Groupe de travail ORÉE Éco-conception des produits et services a réuni les principaux experts et acteurs français du domaine pour mener une réflexion sur l’intégration de l’éco-conception dans la stratégie des organisations (entreprises et collectivités), en prenant comme base l’étude de l’implication de chaque type de compétence au sein de l’organisation, en particulier pour les PME et TPE.