Economie de fonctionnalité

Cette approche est basée sur les écrits de Ayres qui écrit en 1989 que "la tendance historique de proportionnalité entre croissance économique et consommation énergétique matérielle doit être terminée. En fait, cette proportionnalité n'existe pas, elle est simplement supposée. Les lois de la nature n'imposent aucun besoin minimum - ni de masse, ni d'énergie - pour produire une unité de PNB.

 

Cette approche peut être résumée de la façon suivante : "si l'on veut atteindre un niveau de vie élevé pour une population mondiale en augmentation, tout en minimisant les impacts sur l'environnement, il faudra obtenir plus de services, et de biens à partir d'une quantité de matière identique, voire moindre" .

 

Deux types de dématérialisation : faible et forte


  • La version faible de la dématérialisation vise à provoquer un découplage entre une unité de richesse économique et sa base matérielle. La croissance du PNB est ainsi plus grande que la croissance de l'utilisation des matières dans l'économie. Ce découplage ne garantit cependant pas dans tous les cas un soulagement de la pression exercée sur l'environnement. La croissance des flux de matières n'est pas évitée.
  • La dématérialisation forte tend à stopper la croissance des flux de matière. C'est donc la diminution absolue de l'ensemble des flux matériels nécessaires au fonctionnement de l'économie. Le bien-être doit être fourni avec moins d'input.

"[…] trois conclusions de ces considérations sur la dématérialisation :

 

1) […] la notion de dématérialisation, telle qu'elle est couramment utilisée, est ambiguë. En effet, la dématérialisation d'un produit peut très bien entraîner la matérialisation de sa consommation : on achète plus de produits plus fragiles, ou difficilement réparables.


2) Il existe incontestablement une tendance à la dématérialisation des produits et des procédés de fabrication, qui devrait s'accélérer avec le développement de nouveaux matériaux, le perfectionnement du recyclage, le design for environment, etc.


3) Il apparaît clairement que la dématérialisation envisagée uniquement dans la perspective des objets de consommation ne suffit pas. Il s'agit de sortir d'un paradigme productiviste pour adopter une perspective systémique. Concrètement, cela signifie qu'il faut commencer par déterminer la fonction dont on a besoin et de concevoir le produit en s'efforçant de minimiser la consommation de matériaux et d'énergie durant la production, l'utilisation, les réparations, le recyclage et l'entreposage final." Suren Erkman P93

 

Définition issue du groupe de travail Orée "Concept 2000".

 

Note :

Partie réalisée grâce au soutien de Julia Haake, chercheur au C3ED de l'Université de Versailles.

Suren Erkman, Vers une écologie industrielle, comment mettre en pratique le développement durable dans une société hyper-industrielle, Ed. Charles Léopold Mayer, 1998

 

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