De multiples concepts ont récemment été créés dans le but de développer la prise en compte de l'environnement par les entreprises. Cependant leur définition est souvent obscure : il est malaisé de les différencier et de comprendre leurs spécificités. Ces concepts s'appliquent pourtant à différents domaines.
Certains dépendent de la politique globale (le développement durable), d'autres de la production (l'éco-efficacité, les facteurs 4 et 10, la production propre) ou encore des rejets et matières sortantes (le concept de zéro émission, l'éco-industrialisation, l'éco-restructuration).
Ils forment néanmoins un ensemble au sein de l'entreprise et agissent les uns sur les autres. Combinés, ils contribuent à limiter les impacts sur l'environnement. Certaine que ces concepts ont un rôle important à jouer pour les entreprises soucieuses de préserver l'environnement, l'Association Orée donne une définition de ces termes.
Elle tente de faciliter leur identification au sein des entreprises pour que ces dernières perçoivent directement leur pertinence et puissent, en s'appuyant sur des exemples concrets, les mettre en application plus sûrement.
Extrait du Kit de sensibilisation à l'environnement © Association Orée/2000
Définition :
Le concept de développement durable, traduction française source de polémique de sustainable development a été élaborée lors des travaux préparatoires à la Conférence de Stockholm.
Il repose sur la nécessité d'intégrer dans tout projet la dimension environnementale, économique et sociale tout en tenant compte des générations futures.
Mode de développement qui répond aux besoins du présent tout en permettant aux générations futures à répondre aux leurs. ( rapport Brundtland, p.51).
Définition du IISD (Institut International pour le développement durable) :
"Pour les entreprises, le développement durable signifie adopter des activités et des stratégies qui recouvrent aujourd'hui les besoins de l'entreprise et de ses partenaires tout en protégeant, soutenant et améliorant les ressources naturelles et humaines qui seront nécessaires pour le futur."
Note :
Le développement durable ne peut être qu'une adaptation perpétuelle du système économique aux limites que lui imposent les impératifs écologiques.
En ce sens, le développement durable n'existe pas : il s'agit en fait d'une hypothèse et d'une forme d'analyse et de prospective. Pour qu'un développement soit durable, il doit répondre à un besoin, réduire au minimum ses conséquences sur l'environnement et procurer de façon équitable une amélioration de la qualité de vie du plus grand nombre, et cela, dans une perspective temporelle longue. Comme ces objectifs se réalisent à moyen et long terme, on ne peut affirmer aujourd'hui qu'une intention de développement durable.
Il est clairement plus facile de dire ce qui n'est pas du développement durable que ce qui en est."1
"Le développement durable est encensé presque par tout le monde. Sa formulation vague et floue permet à toutes les logiques de clamer leur adhésion, leur appartenance à ce concept, de la logique politique à la logique économique ou écologique.
Ainsi, le discours politique, le jargon des Nations Unies ou de la Commission européenne, le marketing industriel et la pensée écologiste sont tous également épris de durabilité.
Dans ce sens, le développement durable a surtout valeur d'alibi, de slogan ou de prétexte pour les uns, d'emblème et de récupération idéologique pour les autres."
Francesco di Castri, Président du Comité de l'UNESCO pour le suivi du Sommet de Rio sur l'environnement et le développement.
Définition issue du groupe de travail Orée "Concept 2000".
1 Qui a peur de l'an 2000 ? Guide d'éducation relative à l'environnement pour le développement durable, Claude Villeneuve, Ed. Multimondes - UNESCO, 1998
Définition :
Le projet d'émission zéro a été initié par le Belge Gunter Pauli à l'Université des Nations Unies de Tokyo. Cette approche est supportée par l'UNESCO, le gouvernement japonais et des entreprises comme Dupont.
Dans le concept zéro émission, le modèle linéaire habituel - qui considère les émissions comme une conséquence normale de la production - est remplacé par un modèle d'intégration. L'industrie doit imiter le cycle naturel des matières ainsi l'humanité apprendra à ne pas demander toujours plus à la nature, mais faire plus avec ce que la nature offre en utilisant plus efficacement les ressources. Zéro émission étudie comment tous les inputs (matières premières et autres) peuvent faire partie totalement du produit final - ou comment les déchets peuvent être utilisés comme input d'une autre industrie ou process. Les entreprises sont regroupées sur la base de la ressemblance de leurs déchets et de leurs émissions afin de coordonner les recherches.
Zéro émission prend comme point de départ, que l'augmentation de la production et la protection de l'environnement vont accroître le bien être de la société et son expansion. L'objectif est de trouver la stratégie pour accroître l'emploi tout en stabilisante et augmentant le retour pour la compagnie.
Les perspectives :
Définition issue du groupe de travail Orée "Concept 2000".
Ce document a été réalisé à partir du site internet de Zéro Emission Initiative in Germany : http://www.uni-osnabrueck.de/
D'autres informations peuvent être trouvées sur le site japonais : http://www.zeri.org/
Le facteur 10 est basé sur le droit de chaque habitant de cette planète, en tenant compte de la croissance de la pollution attendue, d'accéder aux même niveau de vie. La seule solution est dès lors d'accélérer la dématérialisation de la croissance.
Ces facteurs revendiquent la réduction de l'intensité matérielle des économies par un certain facteur : pour le facteur 10, cela implique par exemple la réduction des flux de matières de 90% alors que pour le facteur 4, c'est une réduction de 75 %.
Le concept de facteur 4 fixe un objectif plus facile à atteindre basé sur l'idée de 2x plus de performance avec 2 x moins de matière.
| Revenus doublés | |
| Facteur 4 = | |
| Moitié des ressources utilisées |
Définition issue du groupe de travail Orée "Concept 2000".
Facteur 4, Ernst Ulrich von Weizsäcker, Armory Lovins et Hunter Lovins, 1995
Facteur 10, Friedricht Schmidt-Bleek
Assurer l'équilibre entre la préservation de l'environnement et la rentabilité économique. Approche aidant les entreprises à intégrer une démarche de développement durable.
Définition
Le WBCSD propose la définition suivante de ce concept :
" L'Eco-Efficacité consiste à offrir des biens et des services à des prix compétitifs qui répondent aux besoins des hommes et leur apportent une qualité de vie, tout en réduisant progressivement les impacts environnementaux et la quantité des ressources naturelles nécessaires tout au long du cycle de vie des produits pour atteindre finalement un niveau qui soit en harmonie avec ce que peut supporter durablement la planète ".
Comment mesurer l'éco-efficacité :
- Au niveau micro :
| Produit/valeur du produit | |
| Eco-efficacité = | |
| Impact sur l'environnement |
- Au niveau macro :
| Valeur ajoutée | |
| Productivité des ressources = | |
| Ressources diminuées |
Le concept d'éco-efficacité, repris par un certain nombre d'organismes internationaux (UNEP, OCDE…), se décline en sept objectifs pratiques :
1. Réduire la quantité de matières utilisées pour produire des biens et des services,
2. Réduire la quantité d'énergie utilisée pour produire des biens et des services,
3. Réduire les rejets toxiques dans l'environnement,
4. Améliorer le recyclage des matériaux,
5. Optimiser l'utilisation durable des ressources renouvelables,
6. Améliorer la durabilité des produits,
7. Accroître le service rendu dans le cadre de l'offre de biens ou de services.
Définition issue du groupe de travail Orée "Concept 2000".
La production propre est un programme développé par le Programme des Nations Unies pour l'Environnement.
Elle signifie l'application continue d'une stratégie environnementale préventive pour les process et les produits afin de réduire les risques pour l'homme et la nature.
Pour le PNUE IE, la production propre est différente des autres approches du fait que les approches classiques se focalisent sur le traitement des déchets et des émissions après leur création (approche "end of pipe").
Alors que l'objectif de la production propre est de réduire la création de déchet dés le départ et de limiter l'utilisation de matières premières et d'énergie.
Note :
Le WBCSD promoteur de l'éco-efficacité et le PNUE IE promoteur de la production propre ont signé en mai 1996, a document de partenariat lors de la Commission des Nations Unies pour le Développement Durable (UNSCD).
L'objectif de ce partenariat repose sur trois points
Pour de plus amples informations sur ce sujet, visiter le site du PNUE
Définition issue du groupe de travail Orée "Concept 2000".
